La vocation d’ermite

La vie d’un ermite en général

La vie érémitique n’est pas une pratique ancienne « remise au goût du jour » : des vocations d’ermites n’ont jamais cessé d’exister dans l’Église, même si cette forme de vie demeure discrète et souvent mal connue. Elle est aussi multiforme : il existe en pratique autant de manières d’être ermite que de vocations. On peut cependant en rappeler l’essentiel, tel que le résume notamment Dom Jacques Winandy (Vie érémitique — Essai d’initiation), moine bénédictin devenu ermite.

Le cœur de la vie érémitique est moins l’isolement géographique que la stabilité : garder la cellule, limiter les sorties aux nécessités et à la charité, tenir une règle de vie simple et durable. Cette stabilité suppose le célibat vécu pour le Royaume, une sobriété réelle et le travail (souvent manuel et domestique), qui maintiennent le réalisme et l’équilibre. Une ascèse ajustée (jeûne, abstinence, veilles) vise non l’exploit, mais la paix intérieure et la liberté des passions.

Toute la vie érémitique n’a de sens que centrée sur le Christ : l’ermite ne se retire pas pour cesser d’aimer les hommes, mais pour les porter autrement dans la prière. Vie sacramentelle, Écriture sainte, prière continuelle et obéissance intérieure structurent cette existence cachée, ordinaire et exigeante. Selon les situations, l’ermite peut avoir un statut canonique (voir notamment le canon 603 du Droit canon) ou vivre sans reconnaissance formelle : le droit offre un cadre utile, mais ne remplace pas la réalité de la vocation.

Pour plus de détails : La vie érémitique ; À propos de l’érémitisme.

Ermite : tempérament ou vocation ?

La tradition monastique montre que, si la recherche de Dieu est une constante centrale chez les moines, les formes de vie monastiques qui y conduisent peuvent être diverses. Les tempéraments humains, sans déterminer une vocation, influencent profondément la manière dont celle-ci peut s’épanouir. Certains trouvent leur stabilité dans la vie communautaire, d’autres sont davantage portés vers le silence prolongé, l’intériorité et une responsabilité personnelle accrue.

La distinction entre vie cénobitique et vie érémitique ne correspond donc pas à un degré de perfection, mais à des formes de vie différentes, adaptées à des dispositions différentes. La sagesse du discernement consiste à reconnaître la forme de vie dans laquelle une personne pourra demeurer paisiblement fidèle, dans la durée et dans la vérité.

Pour plus de détails : Tempéraments et vocations dans la vie monastique

Comment devenir ermite bénédictin ?

La vocation érémitique est une vocation réelle et ancienne dans l’Église, attestée de manière continue par la tradition, la liturgie et le Martyrologe. Elle peut naître de deux manières principales : soit directement, chez des personnes appelées à une vie solitaire de prière sans avoir vécu auparavant en communauté ; soit indirectement, chez des moines qui, après un temps suffisamment long de vie cénobitique, sont appelés à une solitude plus radicale. Dans les deux cas, l’appel ne se décrète pas et ne se vérifie jamais dans l’isolement ou la précipitation.

Concrètement, l’Église reconnaît aujourd’hui plusieurs situations : l’ermite diocésain, reconnu par le droit canonique (canon 603) et vivant sous l’autorité de l’évêque ; le moine devenu ermite avec l’accord de son supérieur ; et, plus rarement, l’ermite sans reconnaissance canonique formelle. Si le cadre juridique apporte une sécurité réelle et souhaitable, il ne crée pas la vocation. Celle-ci se vérifie d’abord dans un primum vivere : stabilité du lieu, autonomie matérielle, règle de vie réaliste, fidélité à la prière, travail, sobriété et accompagnement spirituel sérieux.

Pour cette raison, il est traditionnellement recommandé que la vocation érémitique soit précédée d’un temps de vie communautaire ou, à défaut, d’une formation progressive par une vie semi-érémitique. L’isolement durable exige une maturité humaine, affective et spirituelle éprouvée. La solitude ne peut être ni une fuite des difficultés relationnelles, ni une compensation à des échecs, ni une recherche d’absolu vécue dans l’illusion. Elle est un dépouillement radical qui ne supporte ni l’improvisation ni l’idéalisme.

Pour aller plus loin : Comment devenir ermite ?

Une vie semi-érémitique comme période de formation

Le passage direct de la vie communautaire à la vie érémitique est, en pratique, rarement prévu et difficile à discerner. Les communautés monastiques ne proposent généralement pas de cursus explicitement orienté vers l’érémitisme, et la reconnaissance d’une telle vocation dépend le plus souvent de circonstances particulières.

C’est pourquoi l’ermitage Saint-Bède propose aujourd’hui une vie semi-érémitique comme temps de formation et de discernement.

Mais avant de nous contacter, merci de procéder aux étapes suivantes :
• faire le test d’auto-discernement (voir lien ci-dessous) ;
• si le résultat est favorable, vous aurez accès à un questionnaire complémentaire ;
• enfin, vous serez invité à nous contacter sous la forme d’un entretien en visioconférence.

Pour faire le test, rendez-vous sur cette page : Ai-je une vocation d’ermite ?