Remise du scapulaire bénédictin à frère Adrien

La remise du scapulaire bénédictin à frère Adrien a eu lieu le 8 décembre 2025, en la fête de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, après la messe chantée.

Vous trouverez ci-après la vidéo et le texte de la cérémonie, sans commentaire ajouté, car les prières et les formules liturgiques parlent d’elles-mêmes. Si vous voulez en savoir plus à propos des oblats séculiers, voir cet article : Les oblats séculiers bénédictins.

L’allocution prononcée par frère Toussaint à cette occasion se trouve ci-dessous, après les textes de la cérémonie. Nous avons également reporté ci-dessous un extrait du sermon du Père Joseph, prononcé lors de cette messe, relatif à l’oblature.


Cérémonial de la remise du scapulaire d’oblat séculier

Oblatio Saecularis
apud Eremitas sancti Benedicti
Oblation Séculière
chez les Ermites de saint Benoît
Postulans (P) accedit ac genibus flexis procum-
bit apud fra­trem eremitam maiorem (A).
Si frater maior non est sacerdos, sacerdos as-
sistens benedictiones tribuit. Dictiones quæ
proprie ad sacerdotem pertinent signo ℣ præceduntur. His in casibus sacerdos assistens solas benedictiones et orationem sibi proprias profert.
Le postulant (P) vient s’agenouiller auprès du
moine ermite le plus ancien (A).
Si le moine le plus ancien n’est pas prêtre, un
prêtre assistant donne les bénédictions. Les paroles qui reviennent proprement au prêtre sont précédées de ℣. Dans ce cas, le prêtre assistant prononce uniquement les bénédictions et l’oraison qui lui sont propres 
Interrogatio.Interrogation.
A : Quid petis ?
P : Misericórdiam Dei et spirituálem fraternitátem vestram.
A : Deus auxiliétur tibi.
P : Amen.
A : Que demandez-vous ?
P : La miséricorde de Dieu et votre fraternité spirituelle.
A : Que Dieu vous vienne en aide.
P : Amen.
Allocutio (ad libitum).Allocution (facultative).
Si velit, frater eremita maior brevem sermonem
habere potest. Postulans sedet ; sermone pe-
racto, ad eundem locum revertitur atque geni-
bus flexis iterum procumbit.
S’il le désire, le moine le plus ancien peut faire
une brève allocution. Le postulant s’assied. À
la fin de l’allocution, il revient s’agenouiller au
même emplacement.
Monitio.Monition.
A : Carissime fili (carissima filia), si hodie petis ut oblatus (oblata) Eremitarum sancti Benedicti fias, quia gratia Dei tibi revocavit dignitatem atque exigentiam baptismi tui : in eo enim « nova creatura » in Christo factus (facta) es, vocatus (vocata) ad induendum novum hominem, qui secundum Deum creatus est in iustitia et sanctitate veritatis.
Haec tua oblatura opus gratiae prolongat ac perficit : non enim te a conditione mundi, in qua vivis, separat, sed te invitat ut totam vitam tuam altius in Deum dirigas, ut ipse magis ac magis fiat unicum principium cogitationum, verborum et actionum tuarum.
Quo in scapularii familiae nostrae benedictinae susceptione, Dominus te adiuvet ut in humilitate proficias, in oratione perseveres, a mundi illecebris vigilans maneas atque voluntatem suam indesinenter quæras.
Ipse perficiat in te opus quod in baptismo cœpit, quod hodie perfectius suscipere desideras.
Denique, arctius unitus (unita) orationi Eremitarum sancti Benedicti, eos precibus tuis sustinebis, atque ipsi te fideliter
suis precibus commendabunt.
A : Très cher fils (fille), si vous demandez aujourd’hui de devenir oblat(e) des Ermites de saint Benoît, c’est que la grâce de Dieu vous a rappelé la dignité et l’exigence de votre baptême : en celui-ci, vous avez été fait(e) une « créature nouvelle » dans le Christ, appelé(e) à revêtir l’homme nouveau selon Dieu, dans
la justice et la sainteté de la vérité.
Votre oblature prolonge et perfectionne cette œuvre de la grâce : elle ne vous éloigne pas de la condition du monde où vous vivez, mais elle vous invite à orienter plus profondément toute votre vie vers Dieu, afin qu’il devienne plus que jamais l’unique principe de vos pensées, de vos paroles et de vos actions.
Qu’en recevant le scapulaire de notre famille bénédictine, le Seigneur vous aide à progresser dans l’humilité, à persévérer dans la prière, à demeurer vigilant(e) face aux séductions du monde et à rechercher constamment sa volonté.
Qu’il accomplisse en vous l’œuvre qu’il a commencée au baptême et que vous souhaitez aujourd’hui accueillir plus parfaitement.
Enfin, en vous unissant plus étroitement à la prière des Ermites de saint Benoît, vous les soutiendrez par votre propre prière, et ils vous porteront fidèlement dans la leur.
Postulans surgit et stans manet.Le postulant se relève et reste debout.
Benedictio scapularii.Bénédiction du scapulaire.
℣ : Adjutórium nostrum in nómine Dómini.
℟ : Qui fecit cælum et terram.
℣ : Dóminus vobíscum.
℟ : Et cum spíritu tuo.
℣ : Orémus.
Dómine Jesu Christe, qui pro nostra salúte suscípiens humánam natúram te vestiménto carnis indúere dignátus es, benedictióne sancta béne ☩ dic istud vestiméntum, quod tibi pro grátiis tibi exsolvéndis, cum omni devotióne sanctóque voto ac veneratióne sanctíssimi Patris nostri Benedícti, fámulus tuus (fámula tua) super se susceptúrus (susceptúra) est ; infúnde in eum (eam), quǽsumus, tuam sanctam benedictiónem, ut cum primum indúerit hoc vestiméntum, intercedénte beatíssimo Patre nostro Benedícto, descéndat super eum (eam) grátia tua et prótegat eum (eam) ab omni malo mentis et córporis. Qui vivis et regnas in sæcula sæculórum.
℟ : Amen.
℣ : Notre secours est dans le nom du Seigneur.
℟ : Qui a fait le ciel et la terre.
℣ : Le Seigneur soit avec vous.
℟ : Et avec votre esprit.
℣ : Prions. Seigneur Jésus-Christ, vous qui, pour notre salut, en assumant la nature humaine, avez daigné vous revêtir du vêtement de notre chair, daignez bé ☩ nir par une sainte bénédiction ce vêtement que votre serviteur (votre servante) va recevoir sur lui (elle) pour vous rendre grâces, avec toute dévotion, dans un saint engagement et en vénération de notre très saint Père Benoît. Faites descendre sur lui (elle), nous vous en prions, votre sainte bénédiction, afin que, lorsqu’il (elle) aura revêtu ce vêtement, votre grâce descende sur lui (elle), par l’intercession de notre bienheureux Père Benoît, et qu’elle le protège de tout mal de l’âme et du corps. Vous qui vivez et régnez pour les siècles des siècles.
℟ : Amen.
Traditio scapularii.Remise du scapulaire.
A : Índuat te Dóminus novum hóminem, qui secúndum Deum creátus est in justítia et sanctitáte veritátis.A : Que le Seigneur vous revête de l’hom­me nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté de la vérité.
Induto veste, oblatus ad pristinum locum revertitur atque flexis genibus novum nomen recipit.Une fois revêtu, l’oblat se remet à genoux et reçoit son nouveau nom.
Impositio nominis oblati.Imposition du nom d’oblat.
A : Ámodo oblátus (obláta) Eremitárum sancti Benedícti eris sub nómine Fratris (Soróris) N…A : Désormais, vous serez oblat(e) des Ermites de saint Benoît sous le nom de Frère (Sœur) N…
Oratio pro novo oblato.Oraison pour le nouvel oblat.
A : Orémus.
Adésto, dulcíssime Dómine Deus, supplicatiónibus nostris ; et hunc fámulum tuum (hanc fámulam tuam) N., quem sacræ nostræ religióni sociámus, perpétua tribue firmitáte corroborári, ut, perseveránti propósito, in omni váleat sanctitáte tibi famulári. Per Christum Dóminum nostrum.
℟ : Amen.
A : Prions.
Soyez présent, très doux Seigneur Dieu, à nos supplications ; et accordez que votre serviteur (votre servante) N., que nous associons à notre vie bénédictine, soit affermi(e) par une force durable, afin que, persévérant dans son propos, il (elle) puisse vous servir en toute sainteté. Par le Christ notre Seigneur.
℟ : Amen.
Benedictio novi oblati.Bénédiction du nouvel oblat.
℣ : Benedíctio Dei omnipoténtis, ☩ Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti, descéndat super te et máneat semper.
℟ : Amen.
℣ : Que la bénédiction de Dieu tout-puissant, ☩ Père, Fils et Saint-Esprit, descende sur vous et demeure à jamais.
℟ : Amen.

Allocution de Frère Toussaint

Cher Jean-Claude,

Il y a dans la Providence de Dieu des lignes que nous ne percevons qu’après coup, et qui, soudain, apparaissent comme une évidence.

En 1985, j’entrais au monastère. La même année, toi, tu commençais à parcourir les monastères contemplatifs avec ta caméra, ton regard émerveillé et cette capacité unique à révéler la beauté de la vie cachée. Pendant des années, tu as poursuivi cette mission : filmer la vie silencieuse, approcher la prière, saisir l’invisible.

Puis est venue la Ferme aux Mille Lumières, qui n’a pas remplacé cette vocation, mais qui s’y est mêlée un temps, avant de lui succéder doucement. Il y a eu un croisement, un passage de relais, comme si Dieu t’enseignait à servir Sa lumière sous des formes toujours nouvelles.

À la Chartreuse de Sélignac, le Père Prieur d’alors, Dom Bruno, te disait souvent :
« Jean-Claude, il faudrait rentrer à la Chartreuse. »
Et tu répondais à chaque fois :
« Oh non, je ne peux pas devenir Chartreux ! »
Mais un jour il renchérit de manière quasi prophétique :
« Alors, c’est le monastère qui viendra à vous… »

Et il est venu. En 2016, d’une manière que personne n’aurait pu imaginer, la vie monastique est venue frapper à ta porte —silencieuse, simple, fidèle —et tu l’as accueillie avec simplicité et générosité.

Depuis, Dieu t’a confié d’autres missions : le développement de la Ferme aux Mille Lumières, le service humble et quotidien auprès des plus fragiles, la patience qui bâtit en silence.

Dans ton cœur demeurait aussi un désir ancien : devenir un jour oblat bénédictin.

Aujourd’hui, en cette fête de l’Immaculée Conception, tout se rejoint, tout s’unit, tout s’accomplit et tout commence. Tu deviens oblat des Ermites de saint Benoît, non parce que nous sommes nombreux ou importants, mais parce que Dieu, mystérieusement, nous conduit.

Et comment ne pas remercier la Providence qui nous a envoyé le Père Joseph —peut-être comme un signe discret, mais réel, que le Bon Dieu veut faire grandir, un jour, cette petite œuvre que sont les Ermites de saint Benoît. Nous ne savons pas comment, mais nous savons à Qui nous faisons confiance.

Cher Jean-Claude, merci pour ton accueil, ta fidélité, ta patience, ta présence qui m’a souvent soutenu plus que tu ne le crois.

Que saint Benoît te bénisse, que Notre-Dame t’accompagne, et que ce scapulaire soit pour toi le signe d’une paix profonde et d’une joie qui ne passe pas.

Amen.


Extrait du sermon du Père Joseph, sur l’oblature séculière

Nota bene : nous avons apporté de légères corrections à cet extrait pour l’adapter à la forme écrite.

Aujourd’hui, à la fin de la messe, nous aurons l’oblature de notre cher Jean-Claude, qui recevra un nom monastique. Je ne vais pas le nommer encore, parce que cela sera dit par notre frère Toussaint, qui va le recevoir comme oblat de cet ermitage.

Il faut savoir que l’institution des oblats n’est pas une chose nouvelle. Dès le Moyen Âge, des fidèles étaient liés aux monastères bénédictins, et certains recevaient simplement les prières et les suffrages des moines, d’autres vivaient dans leur dépendance directe.
Et, après les destructions causées par la Révolution, il y a eu une renaissance des associations d’oblats.

***

Il y a un très grand nombre d’indulgences qui existaient dans certaines congrégations, surtout dans celle qu’on appelait Congrégation Cassinienne de la Primitive Observance.
Et cela a été étendu à toutes les congrégations de la Confédération bénédictine, c’est-à-dire aux congrégations en lesquelles l’Ordre a été réparti à l’époque du pape Léon XIII [en 1893]. (…)
L’oblat peut recevoir une indulgence plénière le jour où il reçoit l’habit ou le scapulaire, le jour de sa profession ou oblation. Oblat veut dire «celui qui s’offre». (…)
Il peut aussi recevoir une indulgence plénière aux principales fêtes des oblats bénédictins : le 21 novembre (Présentation de la Vierge Marie), le 15 juillet (fête de saint Henri empereur, patron des oblats), le 9 mars (fête de sainte Françoise Romaine, patronne des oblats), quatre autres jours choisis librement par chaque oblat, (…) et aussi le jour du patron du monastère où l’oblat est inscrit (ici, c’est saint Bède, donc le 27 mai).
Enfin, l’oblat peut avoir également une indulgence plénière au moment de la mort. Et s’il est dans l’impossibilité de recevoir les sacrements pour s’y préparer, il lui suffit d’être contrit, d’invoquer le nom de Jésus, soit de la bouche, soit du cœur, et d’accepter la mort avec patience comme pénitence.

Les indulgences sont accordées sous les conditions habituelles, c’est-à-dire confession, communion, visite d’une église, prière aux intentions du Souverain Pontife.
Pour les indulgences plénières, on demandait autrefois de faire une heure d’oraison les jours où l’on gagnait cette indulgence plénière. Léon XIII a remplacé cette heure par une demi-heure, et elle peut se faire pendant l’assistance à la sainte messe.

Une indulgence plénière, il faut savoir, si on la gagne avec les conditions requises [et sans attache au péché], c’est vraiment quelque chose d’extraordinaire : si on meurt après l’indulgence plénière, on va directement au Ciel.

Vous voyez quelles grâces sont accordées à tous les oblats bénédictins !

***

Les oblats séculiers peuvent être enterrés vêtus de l’habit noir.

Un oblat séculier bénédictin est un chrétien vivant dans le monde, mais lié spirituellement à un monastère.

Un oblat ne porte pas normalement l’habit de religieux. Cependant, les monastères accordent à des oblats particulièrement engagés la permission de porter un habit de chœur (ou manteau) pendant des cérémonies, des retraites et des fêtes solennelles.

Dans le monde, le vêtement manifeste une appartenance, une fonction reconnue officiellement, une manière d’être dans la société.

Le Christ s’est revêtu de notre humanité : « formam servi accipiens, le Christ a pris la forme d’un serviteur» [Épître aux Philippiens, II, 7]. Et cette humanité souffre, meurt, ressuscite, monte au ciel. Comme le Christ s’est revêtu de nous, les moines se revêtent du Christ. L’Écriture appelle tout baptisé à se revêtir du Christ. « Christum induistis. Vous avez revêtu le Christ. [Épître aux Galates, III, 27.]» «Induite Dominum Jesum Christum. Revêtez le Seigneur Jésus-Christ. [Épître aux Romains, XIII, 14.]» «Induite novum hominem. Revêtez-vous de l’homme nouveau. [Épître aux Éphésiens, IV, 24.]»

La vêture est «l’entrée dans l’école du service du Seigneur», comme dit notre Père saint Benoît. «Sous la conduite de l’Évangile, nous marcherons dans ses voies.» [Règle de saint Benoît, Prologue.]

L’habit signifie le réveil de l’âme, l’abandon de l’illusion du monde, l’entrée dans une vie de lumière, la conversion, la docilité à l’Esprit Saint, la persévérance dans la vie régulière.

Cher frère Jean-Claude, «surge [qui dormis], lève-toi [toi qui dors] [Épître aux Éphésiens, V, 14]», mettez-vous en route vers la lumière, vivez en présence de la lumière divine, renoncez aux illusions. La vraie réalité est Dieu seul.

L’habit et le scapulaire sont comme le manteau de la Très Sainte Vierge Marie, qui est immaculée dès sa conception, puisque, comme le rappelle Duns Scot : «potuit, decuit, ergo fecit ; [Dieu] pouvait, cela convenait, donc il l’a fait [Ordinatio III, dist. 3, q. 1]». Duns Scot a donné l’argument décisif : la préservation. Notre-Dame a été préservée du péché originel. Marie est sauvée par le Christ, mais avant qu’elle puisse tomber, elle a été préservée, par une grâce préventive, du péché originel. Cela convenait pour que la Mère de Dieu soit entièrement pure, et cela dès le premier instant. «Tota pulchra es Maria. Vous êtes toute belle, ô Marie. [Antienne du 8 décembre, extraite du Cantique des cantiques, IV, 7.]»

Donc voilà, nous avons la joie de cette grande fête, et nous avons aussi la joie d’avoir un nouveau membre dans la famille de saint Benoît. Après la messe, il y aura la cérémonie de vêture.

Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous !

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.


Pour en savoir plus à propos des oblats séculiers, voir cet article : Les oblats séculiers bénédictins.